lundi, juillet 11, 2005

BEAU-SITE HISTOIRE D'UNE PASSION

COMITE de SOUTIEN à l’ASSOCIATION des AMIS de GISELE TISSIER
Villa Beau-Site, 17 bd. du Mont Boron - 06300 NICE
Site : www.gharpa.com - Tél. : 04.93.26.36.43 - Contact : PLenezet@gharpa.com
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VILLA BEAU-SITE
HISTOIRE D’UNE PASSION
Un fleuron de l’architecture de la Côte d’Azur
La Villa Beau-Site, située bd. du Mont Boron à Nice, villégiature anglaise modifiée en 1890
par l’architecte niçois Marcel Biasini est l’un des derniers témoignages homogènes et intacts du
goût architectural de la Belle Epoque.
Avec ses jardins de rocaille, surplombant la mer et la Baie des Anges, elle jouit d’une situation
exceptionnelle.
Le domaine comprend trois autres villas, chacune d’un caractère architectural particulier.
Le patrimoine est classé aux monuments historiques.
Gisèle Tissier : une vie, une oeuvre
Harpiste virtuose, 1er prix du Conservatoire, élève de Gabriel Fauré, compositrice : Gisèle
Tissier fut une artiste animée d’un profond désir de transmettre son amour de l’art et de le faire
vivre.
Au cours des années vingt, elle collabore avec son mari, Paul Tissier, architecte et
aquarelliste, à la création et à l’organisation des grandes fêtes d’art des années folles de la
Riviera. Après la disparition prématurée de celui-ci en 1926, elle maintiendra plusieurs années le
cabinet d’architecture de son mari, dont elle aura à cœur de préserver les archives.
Toujours à Paris, et alors qu’elle continue de donner de nombreux concerts, elle développe avec
succès un atelier de création de poupées de mode de luxe. Son ambition ne se limitant pas là, elle
ouvre à la suite sa propre maison de couture.
L’après-guerre la ramène à Nice où, en 1948, elle acquiert sur un coup de cœur la Villa Beau-Site.
Sous le nom de Gisèle Harpa, elle y composera plus de 400 pièces musicales. Elle en fera aussi
l’écrin de sa collection d’instruments de musique anciens, aujourd’hui classée par le Ministère de
la Culture.
C’est à Beau-Site enfin que Gisèle mûrit le projet de création d’un centre international de
musique. Celui-ci verra un début de concrétisation après sa rencontre avec Patrick LeNezet :
ensemble ils créent l’Association des Amis de Gisèle Tissier afin de promouvoir le patrimoine
artistique et culturel de la Villa.
Son testament (faire lien avec le doc.)
Gisèle Tissier décède le 14 juillet 1988. Par testament daté du 22/08/86 suivi d’un codicille
du 15/01/87, elle lègue son domaine et son patrimoine mobilier à l’Institut de France aux charges
et conditions que soit créée une fondation à vocation culturelle, ouverte au public. Elle précise que
cette fondation «sera dirigée comme si elle y était par M. Patrick LeNezet », président de
l’Association des Amis de Gisèle Tissier, créée en 1986. L’association est chargée de veiller à la
bonne exécution du testament et d’animer le lieu. Elle lègue également le droit d’usage d’un
appartement à M. LeNezet, et de la villa « L’Isba » à l’association.
L’institut de France accepte le legs et ses charges le 7 novembre 88.
COMITE de SOUTIEN à l’ASSOCIATION des AMIS de GISELE TISSIER
Villa Beau-Site, 17 bd. du Mont Boron - 06300 NICE
Site : www.gharpa.com - Tél. : 04.93.26.36.43 - Contact : PLenezet@gharpa.com
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Les arts et la culture
Dans son testament, Gisèle Tissier exprime une volonté très ferme : que la Villa Beau-Site ne
soit pas détruite au profit d’une opération immobilière. La première des charges qu’elle assigne à
l’Institut de France est qu’il obtienne le classement de la Villa, (lequel sera en fait obtenu de son
vivant grâce à l’action de l’Association).
Mais elle pense surtout que la création d’une Fondation abritée par l’Institut de France va lui
permettre de réaliser son rêve : voir le Domaine de Beau-Site ouvrir ses portes au public pour y
présenter l’ensemble des collections qu’elle laisse. Le voir aussi s’animer d’une véritable vie
culturelle. Elle envisage concerts, expositions, conférences, stages et ateliers d’artistes …
L’Association et son Président vont accomplir un travail colossal pour que vive l’esprit de cette
Fondation et pour entretenir le patrimoine. Patrick LeNezet présente à l’Institut de nombreux projets
pour que le domaine soit utilisé conformément aux volontés de Gisèle Tissier. Jamais ce
travail considérable ne recevra la moindre attention.
Parmi ses nombreuses activités, l’Association a organisé, avec le soutien du Conseil Général des
Alpes-Maritimes et celui de musiciens connus, environ 80 concerts et réunions musicales. Elle a
soutenu les artistes en mettant à leur disposition des ateliers et le magnifique salon de musique de la
villa. Elle a exposé une partie des collections et, avec l’aide de la Mairie de Menton, a édité un
catalogue sur les fêtes d’art de Paul Tissier. Elle a en outre suscité des recherches universitaires sur
l’œuvre de Paul et Gisèle Tissier.
Le non respect des volontés d’une donatrice
Lorsqu’en 1988 l’Institut de France accepte le legs de Gisèle, il accepte, de fait, les
conditions qui y sont afférentes :
- l’entretien et la mise en valeur du domaine de Beau-Site,
- la création d’une fondation aux buts définis par Gisèle, notamment l’ouverture du lieu au public
et la présentation des collections dans la Villa Beau-Site,
- que Patrick LeNezet dirige la Fondation.
Or, que fait l’Institut ?
Entre 1989 et 1996, il se contente d’acquitter les frais de fonctionnement minimum (eau,
électricité, chauffage), mais n’alloue aucun budget spécial pour l’entretien, laissant en
conséquence se détériorer les lieux. Et il ne procède à aucun des aménagements nécessités par la
création de la Fondation.
Durant la même période, loin d’élaborer un projet pour la mise en place et l’ouverture de
cette fondation, l’Institut ignore tous ceux que lui soumet l’Association et son Président.
Le 9 décembre 1996, le Maire de Nice ordonne la fermeture immédiate de la Villa et en
interdit toute réouverture jusqu’à nouvel avis. Les motifs invoqués par la Commission Municipale
de Sécurité en son avis du 4 avril 1996 (faire lien avec le doc.) sont :
- d’une part, le non respect de la réglementation en vigueur,
- le fait, d’autre part, que l’Institut de France « n’a pas donné son accord à la création d’un
établissement recevant du public » (souligné par nous).
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Enfin, le 8 avril 1998, l’Institut faisait enlever une partie de la collection des instruments de
musique, pour la déplacer en un endroit dont nous n’avons toujours pas connaissance à ce jour. Il
contredisait par là les volontés expresses de Gisèle Tissier, qui voulait voir ses collections
exposées dans son domaine. Bien plus, il violait la légalité puisqu’il procédait à ce déménagement
sans l’autorisation préalable du juge et sans l’avis du curateur de la succession.
A la suite de ces agissements, l’Institut se désintéressait totalement de la situation de la Villa
et n’acquittait plus aucune des charges.
Après avoir employé Patrick LeNezet durant plusieurs années en qualité de « chargé de
mission à la surveillance et à l’entretien », l’Institut le licenciait brutalement le 2 mai 1997.
Gravement malade pendant trois ans, il n’en continuait pas moins de garder et d’entretenir le
domaine et ses collections. Bien plus, mis au chômage, il se voyait obligé d’acquitter les frais de
fonctionnement dont l’Institut s’était dessaisi unilatéralement .
Si, malgré sa maladie et la précarité de sa situation financière, M. LeNezet n’avait pas continué a
assurer bénévolement ces missions, il est certain que le Domaine de Beau-Site aurait été
entièrement pillé.
Dès lors, on pouvait légitimement se questionner sur les buts réels de l’Institut.
Une pirouette juridique
C’est dans ces conditions que, le 20 novembre 2001, l’Institut de France saisi le Tribunal de
Nice d’une demande en révision des charges grevant le legs.
A l’occasion de cette procédure, il demande également au Tribunal de dire et juger que le droit
d’occupation, octroyé à Patrick LeNezet par le testament, n’a plus lieu d’être : son occupation de
la Villa serait liée à l’existence de la Fondation.
Pour justifier sa demande, l’Institut dit que l’interdiction municipale d’ouverture des lieux au
public de 1996 empêche toute création de la Fondation.
Face à cette vision des choses, deux objections s’élèvent aussitôt :
1° Entre 1988 et 1996, l’Institut a eu 8 ans, plus que le temps nécessaire, pour créer et mettre en
place la Fondation.
2° L’une des raisons qui empêche la Commission Municipale de Sécurité d’émettre un avis
favorable est que l’Institut ne donne pas son accord à la création d’un établissement recevant du
public (cf. plus haut).
En d’autres termes, l’Institut se dit empêché par un avis défavorable dont il a lui même crée les
conditions !
La loi précise que toute personne qui demande en justice la révision des conditions et charges
d’un legs, doit justifier des diligences qu’elle a faites pour exécuter ses obligations.
A l’appui de sa demande, l’Institut aurait donc du produire des pièces prouvant qu’il avait fait ou
envisagé tout action en son pouvoir pour satisfaire aux volontés de Gisèle Tissier, (un simple
devis de travaux pour la mise au normes de sécurité aurait suffit !).
Au lieu de cela, il se contente de produire trois documents (faire lien avec les 3 doc.)qui
constatent simplement l’absence d’entretien de la Villa Beau-Site et son caractère dangereux.
La nature de ces documents ne répondant pas à l’exigence de la loi, la demande de l’Institut aurait
du s’en trouver infondée.
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Quant à Patrick LeNezet, le codicille au testament le concernant dit : « …qui sera dirigé
comme si j’y étais par Patrick LeNezet que je nomme expressément membre de droit pour assurer
ma succession et diriger à vie la Fondation. Il occupera l’appartement du rez-de-jardin. ».
Cette expression constitue un legs de droit d’usage et d’habitation.
C’est bien l’interprétation qu’en fait le Directeur des Services Fiscaux des Domaines, qui
demandera à l’Institut d’établir l’attestation immobilière concernant ce legs. En vain.
L’Institut se livre donc à un détournement de sens éhonté lorsque, contre toute évidence, il
demande au Tribunal de considérer ce legs comme une charge dont il pourrait être délivré et non
comme un droit propre de Patrick LeNezet.
Contre tout entendement, le Tribunal de Grande Instance de Nice fait intégralement droit aux
demandes de l’Institut de France. Et, le 31 mai 2005, la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence,
reproduisant mot pour mot le jugement de 1ère instance, déboute Patrick LeNezet et l’Association
des Amis de Gisèle Tissier.
Où en sommes nous ?
Les conséquences de cette décision sont graves, tant pour Beau-Site, que pour Patrick
LeNezet.
La menace pour Beau-Site est tout simplement d’être vendue, privant le patrimoine public de
notre région de l’une de ses plus remarquable réalisation architecturale. Cela signifie également
pour notre région la perte d’un lieu de vie artistique et culturelle unique et irremplaçable.
Le sort de Patrick LeNezet est intrinsèquement lié au devenir de Beau-Site. Sous la menace
d’une expulsion imminente, il se verrait dépossédé, à la fois, de son droit à occuper Beau-Site, de
son droit à une situation professionnelle, et du travail qu’il a accompli sans relâche durant les 17
dernières années.
Enfin, l’Association, expulsée des lieux dans le même mouvement, y perd l’objet même de
son existence. Qu’advient-il, alors, des collections et archives contenues dans la Villa ?
C’est pourquoi, face au déni du testament de Gisèle Tissier, face au manquement de l’Institut
de France à ses missions les plus élémentaires, l’Association des Amis de Gisèle Tissier et son
Président, ont décidé de se pourvoir en Cassation et de faire éclater ce scandale au grand jour.
___________________
Si vous désirez en savoir plus, nous mettons à votre disposition un dossier complet, comportant
les pièces originales, sur le site de l’association ou sur simple appel de votre part.
La Villa Beau-Site n’est pas le seul exemple de la politique de liquidation patrimoniale de
l’Institut de France. Nous serions heureux de recueillir vos témoignages sur des pratiques
identiques à l’égard d’autres donateurs.

1 Comments:

Blogger La Griotte à Nice said...

"Ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur la baie ?..." La Griotte, niçoise ni soumise, en fait une jolie chronique dans laquelle The Cure fricote avec une vieille harpiste, des Anglais montent au créneau et un milliardaire Allemand sauve le tout !
http://lagriotteanice.wordpress.com/2013/02/18/cure-de-jouvence/

8:08 AM  

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